Les origines de thérèse d'Avila

 

Ecole, les Soeurs Bernardines

ECOLE, LES SŒURS BERNARDINES A LILLE 118-124 Bd Vauban

Le 27 avril 1919, 7 bernardines furent envoyées à Lille, avec l’accord de Mgr CHAROST, premier évêque de Lille. Après la guerre de 1914-1918, l’évolution des esprits permettait le retour des religieux en France, même s’ils n’étaient pas reconnus officiellement par l’Etat français.

Une propriété d’un hectare (maison et jardin) appartenant à Madame Albert DUJARDIN-LEFEBVRE, ancienne élève d’Esquermes, et située au 118Bd Vauban avait été achetée. Le quartier était calme, aéré, proche des facultés catholiques. La première Prieure du Monastère sera Dame Sainte Dosithée MACAREZ. L’ouverture d’un externat, le 30 mai 1919, compléta la fondation.

A la rentrée d’octobre 1919, 112 élèves étaient inscrites à l’« INSTITUTION NOTRE-DAME ». C’est ainsi que revivait à Lille l’ancien monastère d’Esquermes, spolié par l’Etat en 1904. Dès le 10 mai, la statue de Notre-Dame de la Plaine, reproduction de la statue de bois honorée à la Maison-Mère, avait trouvé sa place sur la cheminée de marbre de la véranda : elle recevait les hommages de plusieurs générations d’élèves.

Jour après jour, l’ « institution Notre-Dame » voit grandir le nombre de ses élèves. La maison voisine, au 124, avec un grand jardin mitoyen, appartenant à Madame Henry OBRY, est acquise en 1928. L’achat d’un hangar attenant au jardin permettra l’installation de la salle de gymnastique, et celui du terrain contigu à la rue Auber fournira aux élèves une vaste cour de récréation.

Quant au jardin lui-même, il apparut comme un paradis terrestre aux élèves de 1929. Pensez donc ! Un petit étang avec des poissons rouges et un jet d’eau, une serre avec vigne et raisin, une grande pelouse, de beaux arbres (1 hêtre pourpre, 2 hêtres pleureurs, 2 magnolias, 1 ginko-bilobé, 1 tulipier, etc…, des fleurs, des oiseaux…).

On l’inaugura par un joyeux pique-nique des demi-pensionnaires. L’année suivante, on plaça sur le tertre qui dominait le petit étang la statue du Bon Pasteur, qui venait d’Esquermes (une inscription l’atteste) et avait été confiée à des amis en 1904.

En 1931, les Annales signalent la participation des élèves au Congrès eucharistique de Lille : cinquantenaire du 1er Congrès eucharistique, qui eut lieu à Lille en 1881, à l’initiative de Mlle Tamisier…

De 1931 à 1939, les années scolaires s’écoulent, studieuses et joyeuses. Le nombre des élèves de l’ « Institution Notre-Dame » augmente toujours. Trois petites maisons voisines du 118, aux N° 110, 112, 114 sont achetées successivement pour faire face à la nécessité de locaux supplémentaires.

Mais la guerre survient en 1939. L’offensive allemande du 10 mai 40 dépeuple l’Institution et provoque l’exode temporaire de la communauté. Après une évacuation mouvementée, les sœurs se réfugient dans la propriété de M.ANSELIN, à Fontaine-l’Etalon, jusqu’au 20 juin, date du retour à Lille. Une partie des locaux scolaires était déjà réquisitionnée par l’armée allemande. Ils furent bientôt libérés et, nos élèves revenant un peu à la fois, une nouvelle année scolaire put reprendre en octobre.

Le 3 août 1944, un bombardement des Alliés fit 7 victimes parmi une équipe de jeunes qui s’entraînaient chez nous au volley-ball. Un autre bombardement atteignit le monastère, détruisit un bâtiment, mais ne blessa personne.

Enfin le jour tant attendu de la libération se leva et l’on fêta l’armistice le 8 mai 1945. La rentrée de 1946 fut nombreuse, et le nombre d’élèves se développa encore les années suivantes. Il fallut bâtir. Le jardin du 118 offrait un vaste terrain aux nouvelles constructions. En 1948 s’éleva le 1er bâtiment des classes avec, au rez-de-chaussée, la vaste chapelle, qui vit tant de « célébrations » avant de devenir le self-service en 1972. Mais n’anticipons pas ! en 1958 fut inauguré le 2ème bâtiment, qui abrita les jardins d’enfants et les classes primaires, et surtout la « grande salle » qui garde le souvenir de tant d’«assemblées » et de pièces de théâtre !

D’autres initiatives avaient été prises depuis la guerre : d’abord l’expérience du « jardin d’enfants anglais », en 1954, suivi du séjour de trois mois d’une dizaine de petites filles à Westcliff, en 1959. Les résultats furent excellents. L’expérience de l’anglais se poursuit encore aujourd’hui à l’«école Thérèse d’Avila » tout au long des classes primaires.

Autre rêve réalisé en ces années d’après-guerre : la piscine, tant désirée. Il fallait que toutes les élèves puissent tenter l’épreuve de nage proposée au bac. Et pourquoi ne pas commencer très tôt, afin que nos petites élèves apprennent à nager dès leur enfance ? En juin 1966, on inaugure la piscine.

Autre expérience : les « classes de neige », qui furent inaugurées en 1965, à Saint-Bernard-du-Touvet, en Isère, sur le plateau des Petites Roches. C’est là que Sœur Marie-Charlotte avait découvert, sur l’indication d’une ancienne, un hôtel à vendre, dans un paysage de rêve : d’un côté, la chaîne de Belledonne, de l’autre, la Chartreuse…

Que dire encore ? En 1967, on comptait 900 élèves à l’«Institution Notre-Dame ». ET PUIS VINT 1968, l’année de la FUSION de nos trois établissements ! Elle rassemble les Sœurs des trois maisons, les professeurs et tout le personnel, sans oublier les élèves et leurs parents, dans la « COMMUNAUTE EDUCATIVE de L’ECOLE THERESE D’AVILA ».

Collège (1er cycle)

COLLEGE (1ER CYCLE) 13, rue des Frères Vaillant

C’est  en 1876 que les sœurs de Saint-Joseph de Cluny arrivaient dans le Nord.

Le curé de Quesnoy-sur-Deûle voulant ouvrir une école (externat et internat) pour les enfants du pays et ayant entendu parler de la Congrégation s’adressa à la Maison-Mère, à Paris, pour lui demander des religieuses pour son établissement.

En peu de temps, les élèves affluèrent et l’école prit un heureux essor. En 1892 une grande épreuve s’abattit sur la maison. Quatre religieuses dont la Supérieure, succombèrent en quelques semaines, à l’épidémie de l’influenza.

L’école et l’internat prospéraient toujours quand vint l’heure de la laïcisation où tout enseignement était retiré à tout congréganiste. Force fut alors de chercher refuge en Belgique, où s’ouvrit le pensionnat de Marquain, tandis qu’à Quesnoy on recevait de jeunes anglaises désirant parfaire leur éducation.

Puis ce fut la guerre de 1914. Le Nord était devenu un grand champ de bataille. Quesnoy était en première ligne. Pendant deux ans, on put tenir : mais les bombardements se faisaient plus intenses, une partie de la communauté vint demander l’hospitalité à Lille ; dans la famille des religieuses, alors que les allemands obligeaient quatre sœurs à rester sur place pour soigner les blessés et les malades. L’école était devenue hôpital. Après la destruction totale de Quesnoy et l’effondrement de la maison, ces dernières virent retrouver leurs compagnes à Lille. Entre temps, elles avaient réussi, avec un courage surprenant, à sauver une partie du mobilier et à mettre  en sûreté dans une maison amie.

La guerre terminée, il fallut songer à trouver un établissement pour ouvrir l’école à nouveau. Retourner à Quesnoy, il n’y fallait pas penser ! Plusieurs propriétés furent proposées. Le choix se fixa enfin sur celle de M. et Mme DUBREUCQ entourée d’un vaste parc, rue des Frères Vaillant. La maison avait été bombardée et occupée par l’ennemi ; néanmoins on en fit l’acquisition.

En 1919, les classes reprenaient pour les jeunes lilloises, et celles des environs. Les inscriptions marchaient bon train, si bien qu’il fallait envisager de nouvelles constructions. C’est alors que naquirent la chapelle, les réfectoires, les dortoirs. La première pierre fut posée le 4 juillet 1924.

Mais les classes devenaient toujours trop petites. Une grande maison de la rue Nationale (au 287) était libre. On s’empressa de l’acheter.

Puis ce furent les heures douloureuses de l’occupation allemande, en 1940. Devant l’avance ennemie l’armée française fuyait, abandonnant tout le matériel sur place. Des camions remplis d’obus stationnaient place de Tourcoing. Qui y mit le feu ? Bientôt, ce fut un immense brasier incendiant les habitations environnantes.

Les jours d’angoisse et d’inquiétude passés, les classes reprirent. Externes et pensionnaires revinrent à l’école malgré les alertes et bombardements. Il fallait parfois se réfugier dans les caves et les sous-sols. Professeurs et élèves étaient tous présents.

Enfin, ce fut la libération, et la vie reprit son cours normal. En 1946, devant la prospérité de l’établissement, on songea à une deuxième acquisition, la maison jumelle de la première, désirée depuis plusieurs années. Le nombre d’élèves allant toujours croissant, et malgré certaines transformations, la construction d’un nouveau bâtiment s’imposa. Il fut doté d’une grande salle de réunion et d’un rez-de-chaussée, et de trois classes vastes et spacieuses à l’étage supérieure. C’était en 1959.

C’est encore insuffisant ! Quelques années plus tard, deux classes en préfabriqué s’élevèrent dans la cour d’entrée.

En 1968, fusion de l’école avec les deux institutions voisines ; il fallut agrandir les locaux. En un temps record, trois mois, tous les corps de métier se mirent à l’œuvre. Un grand bâtiment de six classes vint se nicher entre les deux maisons jumelles.

Le Lycée, les Soeurs de Saint Maur

LYCEE (2ND CYCLE)   LES SŒURS DE SAINT-MAUR  254, rue Nationale

En 1904, les Sœurs de Saint-Maur furent sollicitées par Monsieur le Chanoine BERNT, inspecteur de l’enseignement libre du diocèse, monsieur le Chanoine CARTON, curé de Saint-Pierre Saint-Paul, et Monsieur l’abbé DESCAMPS, pour fonder un établissement qui donnerait aux jeunes filles une éducation foncièrement chrétienne. Elles s’installèrent à Lille le 15 août 1904, rue Jean le Vasseur, dans les locaux occupés actuellement par l’Ecole Saint-Jean-Baptiste de LASALLE et Blanche de Castille ouvrit ses portes le 17 octobre 1904 à 148 élèves dont 18 internes.

Elles occupèrent cet immeuble jusqu’à la guerre de 1914 ; il fut alors réquisitionné –en partie-pour une ambulance française, puis allemande, après la reddition de Lille en 1915. A la fin de l’année 1917, la plupart des religieuses dut quitter Lille pour Paris via Bruxelles, Strasbourg, Bâle et Evian – 4 seulement demeurèrent à Lille ; des anciennes élèves leur offrirent leurs talents, leur savoir-faire pour continuer à instruire la jeunesse.

En 1918, les allemands expulsèrent les Sœurs de l’école rue Jean le Vasseur ; deux petites maisons de la rue d’Holbach les accueillirent, amis de l’école, élèves aidèrent au déménagement, ouvrir magasins, usines pour y entreposer tout le matériel…et les classes reprirent au 34, rue de Turenne. Le 2 décembre 1918 revint à Lille le groupe des Sœurs parti pour Paris…Avec l’armistice, les élèves s’inscrirent plus nombreuses, et la maison se révéla trop petite. Le cercle des Etudiants de l’institut Catholique, rue Meurein, offrit ses locaux, et 34 élèves y arrivèrent le 10 janvier 1919. Mais ce n’était encore qu’une installation provisoire…où trouver une maison plus spacieuse ?

Depuis l’exode des religieuses Carmélites, leur monastère était occupé par la clinique du Docteur GUEMONPREZ. L’intervention de l’Abbé BOUCHE, professeur de théologie à l’Institut Catholique fut d’un grand secours et, durant les grandes vacances 1919, le Carmel fut aménagé en locaux scolaires ; les petites cellules des religieuses furent transformées en chambres : le chœur, aux voûtes gothiques, en salle d’études et de réunions, la salle du Chapitre en grande classe, et, le 6 octobre 1919, 200 élèves en parcouraient les cloîtres autrefois silencieux.

Sous les fraîches bandes de papier-peint, les sentences monastiques gravées sur les murs disparaissaient, à l’exception du mot « silence » si nécessaire à rappeler aux jeunes filles. Et si, l’extérieur de la maison a, paraît-il, un aspect trop austère, le soleil sait bien, en se jouant dans les vitres des galeries, y faire régner la plus franche des gaîtés (extraits des Archives de la Maison-Mère).

Depuis cette époque, Blanche de Castille, puis Thérèse d’Avila se développent dans ces murs. L’adaptation de l’immeuble aux fins scolaires ne peut en masquer l’origine conventuelle, cachet spécial de cet établissement.